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Comprendre l’impact environnemental d’un vêtement étape par étape

Les impacts sociaux et environnementaux de l’industrie de la mode ne sont plus à démontrer. Tout au long de son cycle de vie, un vêtement inflige des dégâts considérables à notre planète et aux humains. Ici, nous nous intéresserons uniquement à l’aspect environnemental afin de détailler les conséquences concrètes de chaque étape sur le climat. Et oui, la mode, en particulier la fast-fashion, participe activement au réchauffement climatique. Grâce à cet article, vous comprendrez pourquoi et trouverez des pistes pour agir à votre échelle.

1. Production de matières premières brutes

Fibres naturelles : Production agricole ou élevage

Pour produire une matière d’origine naturelle, la première étape est celle de la production agricole pour les matières d’origine végétale (coton, lin, chanvre) ou de l’élevage pour les matières d’origine animale (cuir, soie, laine).

Concernant les matières végétales, la principale problématique réside dans la production massive de coton, une plante très demandeuse en eau. Les chiffres parlent d’eux-mêmes ; la fabrication d’un seul tee-shirt en coton nécessite 2500L d’eau. Parfois appelé « or blanc », le coton est présent dans 75% des vêtements produits par l’industrie textile. Lors de sa production agricole, des produits chimiques, comme des pesticides et de l’engrais, sont utilisés pour améliorer le rendement. Ils s’attaquent alors à la faune et la flore locales en polluant les nappes phréatiques et les cours d’eau. La culture intensive du coton aggrave les phénomènes de glissements de terrains, de désertification et d’inondations dans les pays producteurs.

Pour ce qui est des matières animales, l’élevage implique aussi une production agricole pour nourrir le bétail, ses impacts sont donc doubles ! Les vaches libèrent du méthane, un gaz au pouvoir réchauffant 28 fois plus élevé que celui du Co2. Elles consomment par ailleurs énormément de céréales, des cultures abusant des engrais et participant activement à la déforestation. Les chèvres élevées pour la laine cachemire, elles, provoquent une désertification des sols en broutant l’herbe jusqu’à la racine, sans lui laisser le temps de repousser. Toutes ces matières posent aussi question quant au bien-être animal, c’est pourquoi elles doivent être produites de manière éthique.

Fibres synthétiques et artificielles : Pétrochimie

Sans surprise, la pétrochimie utilise des processus de fabrication dévastateurs. Les matières synthétiques (polyester, nylon, acrylique, simili-cuir, élasthanne…) sont dérivées du pétrole. Elles sont ensuite obtenues à l’aide de procédés consommant ressources (eau, énergie) et produits chimiques à outrance. Ces derniers viennent causer des dégâts sanitaires et environnementaux considérables dans les pays producteurs.

Les fibres artificielles (viscose, modal, lycoell…), fabriquées à partir de cellulose de bois, présentent elles aussi leur lot de conséquences néfastes en termes de consommation énergétique, d’emploi de produits nocifs et de déforestation. Cependant, il est à noter que ces matières peuvent tout de même être de bonnes alternatives, à deux conditions. Elles doivent être conçues à partir de bois provenant de forêts gérées durablement, avec le label FSC par exemple, et les solvants utilisés lors de leur transformation doivent être non toxiques, ce qui peut être le cas avec le modal et le lyocell.

foret-FSC

2. Fabrication du vêtement et distribution

Transformation de la matière première en tissu

La matière première est d’abord envoyée en filature. Les fils obtenus transitent ensuite vers un tisseur pour être assemblés (tissés, tricotés ou non-tissés) afin de créer une étoffe. Lors de ce processus, les principaux effets indésirables sont les consommations énergétique et hydrique ainsi que les émissions de Co2.

Une fois confectionné, le tissu subit des techniques d’ennoblissement douteuses. Cette étape est notamment pointée du doigt à cause des produits chimiques dangereux imprégnés sur les étoffes pour leur conférer des propriétés particulières : impression, blanchissage ou teinture, imperméabilisation, thermo-fixation etc. Hors UE, les sous-traitants ne respectent pas les normes européennes réglementant l’utilisation de ces substances. Pour contourner ce problème et passer les contrôles des pays plus strictes, les usines lavent alors les tissus jusqu’à ce que les taux autorisés soient atteints. Cette pratique engendre un énorme gaspillage d’eau et une pollution localisée très forte.

Réalisation du produit

La confection du vêtement en tant que tel est l’étape la moins impactante pour l’environnement. Hormis l’utilisation de machines, elle nécessite avant tout de la main d’oeuvre. Pour cette raison, il s’agit d’une phase critique pour la condition humaine plus que pour la planète. L’exemple tristement célèbre de l’effondrement du Rana Plaza, au Bengladesh, illustre un profond manque de respect des droits humains dans l’industrie textile. La mode éthique permet, elle, d’assurer à tous les acteurs de la chaîne de production des conditions de travail descentes, un critère qui devrait être indispensable pour le consommateur final.

Transport et distribution

Le transport pèse lourd sur l’empreinte carbone d’un vêtement. Ainsi, une blouse en viscose fabriquée intégralement en France, et vendue dans ce même pays, peut être plus écologique qu’une blouse en chanvre dont la fibre provient d’Estonie, ayant été assemblée en Asie, avant d’être vendue en France.

À l’inverse, « made in France » n’est pas toujours gage d’éco-responsabilité, toutes ces notions sont à nuancer en fonction du contexte. Au vu des nombreuses étapes par lesquelles passe un vêtement, il est primordial de prendre en compte le nombre de kilomètres que celui-ci a parcouru, depuis la matière première jusqu’au produit fini. L’idéal étant que tout soit fait dans le même pays.

couture

3. Entretien et fin de vie

Usage et entretien par le consommateur

L’usage que fait le consommateur du vêtement contribue fortement à en aggraver ou limiter l’impact sur l’environnement. Plus un vêtement est lavé souvent, plus il va s’abîmer vite, sans parler de l’eau et l’énergie utilisées à chaque machine. Il est donc important de laver ses vêtements de manière raisonnée. De plus, à chaque lavage, les vêtements synthétiques libèrent des microparticules de plastique qui s’échappent dans les eaux usées et vont polluer la terre et les océans.

Pour pallier ces problèmes, la solution peut être l’utilisation d’un sac de lavage qui permet d’améliorer la durabilité du textile et de retenir la majeure partie des micro-plastiques. Sinon, il suffit de n’acheter plus que des produits de qualité, qui ne sont pas fabriqués à partir de matières synthétiques.

Quoi qu’il en soit, l’entretien apporté à un vêtement est primordial pour optimiser sa durée de vie.

Fin de vie : 3 options

1. Déchets
 

La fast-fashion et le marketing poussent les consommateurs à acheter toujours plus de vêtements de qualité médiocre, à des prix défiant toute concurrence. Derrière, la réalité est moins reluisante. On constate que 70% du dressing de chaque logement ne seraient jamais portés et le résultat est sans appel ; l’industrie du textile produit 2,1 milliards de tonnes de déchets par an. Alors que d’autres solutions existent, beaucoup trop de vêtements sont encore jetés, sans espoir de seconde vie. Ils sont ainsi stockés dans des décharges avant d’être enterrés ou incinérés, polluant une fois encore dangereusement les sols ou l’atmosphère. Vous l’aurez compris, jeter les vêtements dont vous ne vous servez plus est une option à bannir.

 
2. Recyclage
 

Aujourd’hui, seulement 1% des déchets textiles sont recyclés. Ce chiffre reste malheureusement insignifiant face à l’ampleur du problème. Pourtant, le recyclage s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire très prometteuse pour l’environnement. Il s’agit d’une option éco-responsable qui connait tout de même un réel essor malgré des difficultés de mise en place. Si vous souhaitez que vos vêtements soient recyclés, vous pouvez par exemple les déposer dans un conteneur Le Relais  qui valorise une partie des dons collectés par le recyclage.

 
3. Seconde main
 

On ne vous l’apprend pas, les vêtements d’occasion font un gros boom, et c’est tant mieux ! Chez Coco Friendly, nous pensons que la mode éthique et la seconde main sont complémentaires. Généralement, les consommateurs.trices responsables aiment se faire plaisir avec des pièces neuves éthiques et qualitatives, tout en adorant faire des affaires en friperie ou sur Vinted. Dans les deux cas, il s’agit d’un geste qui contribue à lutter contre la fast-fashion, et pour ça, on dit OUI.

Tout au long de son cycle de vie, un vêtement impacte donc la planète à de multiples reprises.

L’industrie de la mode produit à elle seule 20 % des eaux usées mondiales et 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que l’ensemble des émissions provenant des vols internationaux et de la navigation maritime.

Pour espérer un monde meilleur, il est urgent que la société moderne modifie sa façon de consommer la mode. Et devinez quoi ? Ça commence maintenant, par vous et nous. Chaque geste compte !

Emeline