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6 idées reçues sur la mode éthique (ou pas) - Coco Friendly

6 idées reçues sur la mode éthique (ou pas)

Depuis des années, l’industrie de la mode fait couler de l’encre. Et pour cause ! Excessivement polluante, elle est très représentative de notre société de surconsommation. Mais parmi les informations qui circulent, à propos de la fast-fashion et concernant la mode éthique, ou encore sur les labels et matières, beaucoup sont erronées. Le greenwashing qui fait rage dans ce secteur n’aide pas les consommateurs à y voir clair. Ils finissent par entretenir eux-mêmes ces fake news ou clichés infondés. Dans cet article, nous revenons sur 6 idées reçues à déconstruire de toute urgence !

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1. « La mode est la seconde industrie la plus polluante au monde »

Vous avez sans doute déjà lu ou entendu cette phrase, tout le monde l’utilise et pourtant…cette information est en réalité impossible à vérifier ! Elle aurait été massivement relayée à la suite de la diffusion du documentaire The True Cost dans lequel cette donnée est mentionnée, tandis que le rapport censé en être la source n’a jamais été retrouvé. Ceci étant dit, l’impact de la mode est ce qu’il est, et les pratiques du secteur se doivent d’évoluer !

Pour en savoir plus à ce propos, nous vous invitons à consulter ces deux articles de médias spécialisés :

The Good Goods – Non, la mode n’est pas la 2ème industrie la plus polluante au monde 

Reset – Pour la 100ème fois, non la mode n’est pas la deuxième industrie la plus polluante

2. « La mode éthique c’est cher »

Oui, mais non. Les prix des marques éthiques ne seront effectivement jamais aussi bas que ceux d’enseignes de fast-fashion. Par contre, si l’on remet les choses dans leur contexte et que l’on parle en termes de rapport qualité-prix, la conclusion change vite. Un jean à 130€ qui dure une dizaine d’années revient en réalité bien moins cher qu’un jean à 40€ qui ne dure qu’un an. Et malheureusement, si ce n’est pas le consommateur final qui paye cette différence, c’est quelqu’un d’autre qui en paye le prix à l’autre bout de la planète en percevant une rémunération dérisoire. Par ailleurs, beaucoup d’enseignes « haut de gamme » mais grand public (Levis, Maje, Ikks etc) affichent des prix aussi élevés -voire plus- que les marques engagées alors qu’elles ne sont ni éthiques ni écoresponsables. Pour les clients de ces marques-là, l’argument du prix ne tient plus. La seconde main est aussi une super porte d’entrée pour limiter l’impact environnemental de son dressing quand on a un budget limité. Adopter une mode plus responsable est à la portée de beaucoup, à condition de faire des concessions sur la quantité, au profit de la qualité !

3. « Le coton est naturel donc écologique »

Là, c’est le moment où on se fâche tout rouge. On ne le dira jamais assez : le coton conventionnel est particulièrement polluant car cultivé à grand renfort de pesticides, et très demandeur en eau. Selon l’OMS, 25 % des insecticides utilisés dans le monde sont dédiés à la culture du coton, qui ne représente pourtant que 3% des surfaces cultivées. Bien qu’elle soit naturelle, cette matière ne peut pas être considérée comme écologique. Heureusement, le coton biologique GOTS se trouve être une alternative bien plus vertueuse. Pour mieux comprendre les enjeux du coton et la différence entre le conventionnel et le biologique, nous vous invitons à lire notre article de décryptage du coton.

4. « La fast-fashion peut être écoresponsable »

Les collections « Conscious » , « Join Life, « WeCare » fleurissent au sein des grandes enseignes. Dans les faits, ces gammes sont bien plus présentes dans leur communication que dans leurs rayons ; elles ne représentent que 10%* de l’offre des leaders comme Zara ou H&M. Et malencontreusement, les critères de sélection sont très maigres. La plupart du temps, seules les mentions « coton bio » ou « polyester recyclé » (sans labels) suffisent à en faire des vêtements « responsables ». Le traitement des tissus et les conditions de fabrication passent à la trappe ! Outre ce greenwashing, la fast-fashion ne peut, par définition, pas être ecofriendly. Le fond du problème ne réside pas majoritairement dans les matières utilisées, mais bien dans le modèle économique en lui-même. En prônant la surconsommation, avec des dizaines de collections par an, des promotions intempestives, et des bons d’achat en échange de vêtements usés, ces multinationales sont responsables de la surproduction de textile dont les populations défavorisées et l’environnement souffrent.

*chiffre tiré de l’épisode hors-série du 2 décembre 2021 du podcast Nouveau Modèle

5. « La mode éthique, c’est moche »

Même si cet a priori tend à s’effacer, bon nombre de personnes pensent encore que la mode éthique est peu esthétique, vieillotte ou un peu « particulière ». Si elle a pu l’être un temps, aujourd’hui cette mode nouvelle s’inspire elle aussi des tendances pour séduire un plus large public. Il existe désormais tellement de marques qu’en termes de style, il y en a pour tous les goûts ! Par contre, il est vrai qu’à la différence des enseignes de fast-fashion, les entreprises engagées réfléchissent chaque pièce pour qu’elle soit durable, donc relativement intemporelle, mais aussi la plus solide possible et bien coupée. On vous le dit (en toute objectivité) : la mode éthique, c’est canon !

6. « Grâce aux dons de vêtements, pas de gaspillage ! »

Lorsque l’on voit les bornes de collecte de vêtements (Croix Rouge, Le Relais, Re-fashion etc…), il serait tentant de penser que les vêtements donnés sont tous réutilisés, revendus ou recyclés, et que ce système permet d’éviter le gaspillage. En réalité, tout n’est pas si rose ! Selon les chiffres de Refashion, cités dans le documentaire « Sur le front : Où finissent nos vêtements ? » De Hugo Clément, seulement 3% des vêtements collectés sont redistribués à des friperies ou associations, tandis que le reste est racheté par un industriel. Ensuite, 10% sont brûlés pour chauffer des habitations, 33% sont recyclés et 54% sont exportés en Afrique. C’est mieux que rien, certes, mais cette majorité revendue à l’international n’est pas sans conséquences pour les populations locales. Ces dernières croulent sous les tas de vêtements toujours moins qualitatifs et s’endettent en achetant des ballots à l’aveugle sans pouvoir les revendre derrière. Impossible par ailleurs de créer une marque locale face à une concurrence aussi déloyale. Sur place, les nombreux invendus finissent dans des décharges à ciel ouvert. Bref, le marché est complètement saturé. La vraie bonne action, c’est d’acheter moins (et mieux) !

Emeline

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